Un fauteuil releveur peut améliorer considérablement l’autonomie et le confort à domicile pour une personne âgée ou en situation de handicap. Le coût peut toutefois représenter un frein. En France, plusieurs organismes peuvent contribuer au financement, mais les conditions varient fortement selon la nature du fauteuil, le diagnostic médical et la situation administrative et sociale de la personne. Ce guide détaille les possibilités de prise en charge, la procédure à suivre et des conseils pratiques pour maximiser vos chances d’obtenir une aide.
Statut du fauteuil releveur vis-à-vis du remboursement
Le fauteuil releveur est souvent considéré comme un équipement favorisant le confort et l’autonomie. Il n’est pas systématiquement inscrit sur la Liste des Produits et Prestations Remboursables (LPPR) de la Sécurité sociale, contrairement à certains dispositifs médicaux strictement prescrits pour des besoins thérapeutiques. En conséquence, la CPAM (Caisse Primaire d’Assurance Maladie) rembourse rarement un releveur sauf si l’appareil répond à un besoin médical précis et qu’il existe un code LPPR applicable. Dans la majorité des cas, il est nécessaire de se tourner vers d’autres dispositifs d’aide.
Principales sources d’aide possibles
- MDPH et PCH (Prestation de Compensation du Handicap) : Si la personne bénéficie d’une reconnaissance de handicap par la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH), elle peut solliciter la PCH pour obtenir une prise en charge totale ou partielle du fauteuil. La PCH finance le matériel lorsque celui-ci est évalué comme nécessaire pour compenser les conséquences du handicap.
- Conseil départemental / APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie) : Pour les personnes âgées dépendantes, l’APA peut aider au financement d’équipements favorisant le maintien à domicile. L’attribution dépend du degré de perte d’autonomie (GIR) et des ressources.
- Mutuelle ou complémentaire santé : Certaines complémentaires peuvent proposer un remboursement partiel ou un forfait annuel pour du matériel d’aide à la mobilité ou au maintien à domicile. Les garanties varient beaucoup selon le contrat.
- Aides locales et associations : Certaines collectivités locales, caisses de retraite, mutuelles spécifiques ou associations caritatives proposent des subventions ponctuelles ou des prêts sans intérêt pour l’achat de matériel.
- Prêt bancaire ou leasing auprès du fournisseur : Certains magasins et fournisseurs proposent des solutions de paiement échelonné ou de location-vente.
Différence entre fauteuil releveur et fauteuil « coquille »
Le fauteuil coquille, souvent conçu pour un maintien postural spécifique, peut être plus facilement justifiable médicalement et parfois listé sur la LPPLe releveur, lui, est principalement un appareil d’aide pour se relever et s’asseoir. Si le besoin relève d’un trouble postural ou d’une pathologie nécessitant un équipement adapté, un ergothérapeute ou un médecin peut orienter le dossier vers une prise en charge plus favorable.
Procédure pratique pour monter un dossier solide
Une demande bien étayée augmente significativement les chances d’obtenir une aide. Voici les étapes courantes :
- Consulter le médecin traitant ou un spécialiste pour obtenir une ordonnance détaillée précisant la nécessité médicale du fauteuil.
- Demander un rapport d’ergothérapeute ou d’un professionnel de réadaptation précisant les contraintes posturales, les risques de chute et l’adaptation au domicile.
- Obtenir plusieurs devis détaillés auprès de fournisseurs agréés (modèle, dimensions, options, prix TTC, conditions de garantie).
- Constituer le dossier MDPH pour solliciter la PCH ou faire une demande d’APA auprès du conseil départemental si la personne est âgée.
- Joindre au dossier : ordonnance, rapports médicaux, devis, justificatifs d’identité et de domicile, RIB et relevé de ressources si demandé.
- Suivre le dossier et répondre rapidement aux demandes de pièces complémentaires ou d’évaluations à domicile.
Pièces à joindre et délais indicatifs
| Pièce | Où l’obtenir | Délais indicatifs |
|---|---|---|
| Ordonnance médicale détaillée | Médecin traitant ou spécialiste | 1 à 7 jours |
| Devis fournisseur | Magasin médical ou fournisseur | 1 à 14 jours |
| Rapport ergothérapeute | Ergothérapeute ou centre de rééducation | 7 à 21 jours |
| Dossier MDPH / demande PCH | MDPH départementale | 2 à 6 mois pour décision |
Conseils pour maximiser vos chances
- Fournir des documents médicaux récents et détaillés : comptes rendus d’hospitalisation, bilans fonctionnels, évaluation gériatrique.
- Faire intervenir un ergothérapeute pour mesurer précisément les besoins et recommander un modèle adapté.
- Contacter le service social de la mairie, de l’hôpital ou de la caisse primaire pour être orienté vers des aides locales ou des dispositifs spécifiques.
- Vérifier le contrat de mutuelle pour connaître les plafonds et conditions de remboursement.
- En cas de refus, il est possible de faire un recours gracieux auprès de la MDPH ou un recours contentieux avec l’aide d’une association ou d’un avocat spécialisé.
Le financement d’un fauteuil releveur dépend surtout de l’évaluation médicale et du cadre administratif. La PCH via la MDPH et l’APA pour les personnes âgées sont les voies les plus fréquentes pour obtenir une prise en charge. Une démarche bien préparée — ordonnance précise, rapport d’ergothérapeute, devis détaillé — augmente nettement les chances d’obtenir une aide. N’hésitez pas à mobiliser les services sociaux locaux et les associations pour vous accompagner dans les démarches.



